« Les fondations de l’être, Conception, naissance, première année: le projet-sens, une période décisive pour la vie. » de Marie-Noëlle Maston-Lerat

PRÉFACE

Enfanter ne va pas de soi. Contrairement à ce que nous apprenons à l’école, il ne suffit pas qu’un spermatozoïde pénètre un ovule, dans une matrice en état de fonctionner, pour qu’apparaisse un être humain. Un humain naît d’abord du « projet » d’une femme et d’un homme. Certes, ce projet n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire… Comme dit Boris Cyrulnik, « lorsque le spermatozoïde de votre père a pénétré l’ovule de votre mère, ça ne pouvait donner qu’un être humain, pas un chat ni un vélomoteur. Mais ça n’était en rien prédestiné à devenir vous. Pour donner telle personne réelle, il faut toute la condition humaine, la mémoire, la culture, l’histoire, le contexte, la relation. La moindre variation de l’environnement modifie l’expression de nos gènes. » Parmi les innombrables variations possibles, le long, patient et remarquable travail de Marie-Noëlle Maston-Lerat vient nous rappeler combien compte, d’abord, l’état psychique de la future mère, en relation étroite avec elle-même – c’est-à-dire, avec sa propre histoire, au sein de sa généalogie -, et en relation avec le futur père.

Résultante d’un nombre considérable de facteurs, chaque naissance est totalement singulière et débouche, que les parents en soient conscients ou pas (nous le sommes généralement très peu), sur une existence marquée d’emblée par un déterminisme vertigineux. Si j’ai bien compris, c’est un déterminisme que Marie-Noëlle Maston-Lerat appelle « projet-sens ». On saisit vite, en lisant son livre, que ce projet-sens peut, éventuellement, et même souvent, ressembler à un grave « non-sens », aliénant et mortifère. Parce qu’on ne nous désirait pas. Ou que l’on désirait un enfant d’un autre sexe. Ou que l’on nous a fait endosser le rôle d’un tiers, vivant ou mort. Ou parce que notre mère nous a transmis son angoisse, ses terreurs, ses haines, ses tristesses… généralement sans le vouloir, ou même, très paradoxalement, en faisant tout pour nous en protéger et donc en s’enfermant dans un déni du problème qui, en réalité, ne trompait personne et surtout pas l’inconscient du bébé en elle.

Nous sommes un peu bâtis comme des poupées russes. D’une part, parce qu’au fond de nous, votre vie durant, il y a un petit enfant, qui jubile ou qui souffre, qui s’exprime ou que l’on fait taire. D’autre part, parce qu’en travers de nous peuvent venir se coincer des fragments de vie maternelle, ou paternelle, ou ancestrale, inaccomplissements, souffrances et frustrations, dont nous commençons à hériter dès l’aube utérine de notre vie. Ainsi commencent bien des ratés de la vie, sinon des vies ratées. La bonne nouvelle, c’est que cette malédiction de tous nos « projets-non-sens » peut être levée. Dissoute. Que nous pouvons nous libérer. La condition de cette libération est de savoir remonter le fil du « projet » que l’on a collé sur le dos dès le départ, de le reconnaître, de l’observer et de le comprendre. Alors l’existence prend un tout autre tour!

Mais pour en arriver là, un accompagnement est indispensable. Marie-Noëlle Maston-Lerat a pour profession d’accompagner dans cette « remontée » des personnes venues la consulter. Elle fait cela de façon très experte. Psychologue, psychothérapeute et psychanalyste, riche d’une authentique expérience de terrain en centre médico-psycho-pédagogique, elle ne s’est pas crispée dans sa spécialisation, mais ouverte à de multiples approches, notamment à l’haptonomie périnatal et à l’haptopsychothérapie (accessible à chacun et pas seulement aux femmes enceintes) et aussi à la psychogénéalogie. Cet ensemble d’outils variés lui a été très utile – on pourrait même dire indispensable – pour tenter d’approcher de façon conséquente, comme elle dit, « le contexte dans lequel une personne a été amenée à se construire ». Ce contexte est fait d’une foule de données, belles ou moins belles, sur lesquelles nos parents ne pouvaient généralement pas grand chose. Il ne s’agit nullement de les accuser ni de les culpabiliser, mais de travailler à nous libérer et, ce faisant, à les libérer eux-mêmes et surtout à libérer nos descendants, en clarifiant notre propre « projet d’enfant ».

Patrice Van Eersel

INTRODUCTION

Nous pouvons considérer que les prémices de la vie constituent le fondement d’une être humain. Si ces fondations sont précaires, pas suffisamment stables, il lui sera alors difficile de se construire. (…)

Les contes et légendes relatent ces aléas depuis la nuit des temps et dans toutes les cultures.

Ils signifient, de manière plus ou moins explicite, que les prédictions des bonnes ou mauvaises fées penchées sur le berceau de l’enfant influenceront le cours de sa vie.

Lorsque ces prédictions sont néfastes, elles devront être déjouées pour que l’enfant, devenu grand, puisse se réaliser. Et ces récits relatent les épreuves que le héros devra traverser et dépasser pour trouver son véritable chemin de vie.

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